|
La Fête de Pentecôte de Chanteuges
Week end de la Pentecôte (autour du 10 mai)
S’il y a bien une fête locale qui n’a pas son pareil, c’est bien la Fête de Pentecôte : Tripes, course du Fouaî animée par les classards, Messe, Apéro, Troupe de trompes de chasse, Bal disco, Bal musette et Feu d’artifice pour un week-end bien rempli.
Vous pourrez aussi vous promener le long de la calade pour rejoindre l’abbaye et le cloitre en passant à coté du petit jardin anglais réalisé et entretenu avec soin par Mme Der Kinderen.
Le feu d’artifice VAUT VRAIMENT LE DETOUR : tiré du haut de l’Abbaye c’est très certainement l’un des plus beaux du Langeadois et si vous n’y avez jamais assisté, c’est l’occasion ou jamais !
>>>>Cliquez ici pour plus de détails
Un peu d’histoire sur la Fête du Fouaï :
La fête du fou (en patois, on dit le fouaï) : on en trouve la trace au XVIème siècle mais il est probable que son origine soit bien antérieure car le testament de Béatrice de Bénac qui date du 3 mai 1262 fait état de l’existence à Chanteuges d’une confrérie du Saint-Esprit dont l’une des missions consistait, lors de la Pentecôte, à porter en procession une statue de la trinité. Ce rituel était encore pratiqué, il y a quelques décennies lors de la fête du Fouaï. On peut donc penser que cette fête existait déjà au XIIIème siècle.
Déroulement du rituel
Le jour de Pentecôte, emmenés par Monsieur le Maire, les rois de la fête (à l’origine les jeunes de la commune qui achetaient ce titre d’un jour aux enchères, depuis la révolution, par les conscrits) se dirigent vers le pré du fou.
Le fou, à l’origine, un pauvre mendiant auquel on a promis quelques pièces de monnaie (le rôle est aujourd’hui tenue par un classard) va se blottir dans ce pré en évitant d’être aperçu. Pendant qu’il se cache dans l’herbe, les autres classards se rangent sur deux files et tous ensemble, précédés d’un drapeau, ils avancent au son du fifre et du tambour jusque dans le pré.
A L’origine, ils étaient coiffés d’un énorme chapeau à la française sur lequel ils collaient des plumes de coq et des rubans de différentes couleurs. Ils étaient armés pour la plupart de sabres, de fusils, de pistolets et de longs batons enrubanés appelés piques qui se seraient substitués aux hallebardes des XV et XVIè siècle.
Ils font alors deux ou trois tours de cette prairie et par moment, quelques-uns d’entre eux se détachent de la colonne pour chercher le fou.
Dès qu’ils l’ont trouvé, ils le renversent sur le dos, le prennent par un pied et le font tourner deux ou trois fois sur lui-même. Puis, brusquement, ils saisissent un pistolet le déchargent en l’air et brandissant leur sabre innocent et rouillé, ils vont rejoindre leurs camarades. De nos jours, la mousquetterie est assurée par la société de chasse de Chanteuges. Une fois que les classards se sont livrés à ces exercices belliqueux, l’ensemble de la troupe quitte le pré pour se rendre à l’église au son du fifre et du tambour.
Qui peut penser comme l’a écrit Jean Aldon, à qui nous avons emprunté la majorité de ces commentaires que le fou, esprit de la végétation pour un jour, s’est sacrifié. Un pré superbe a été donné en offrandes aux esprits malins : rien ne pourra plus désormais s’opposer à la splendeur des herbages, des moissons et des récoltes en général.
Le pré du rituel
Depuis des temps immémoriaux, ce pré est grevé d’une servitude qui ne permet de le faucher qu’après le passage des classards à la recherche du fou. Outre l’inconvénient de voir ainsi sa récolte endommagée, le propriétaire était tenu d’acquitter chaque année une rente de 15 francs aux rois de la fête pour payer les réjouissances et libations de cette journée. Ce double droit : fouler l’herbe et payer une rente était autrefois supporté par les moines de Chanteuges.
A la révolution, ce pré, dit pré d’Entraygues, fut vendu comme bien national mais, à la demande des habitants de Chanteuges, la servitude qui pesait sur lui fut confirmée par le tribunal révolutionnaire de Brioude au grand dam du propriétaire. Toutefois, il était prévu que le nombre de tours du pré effectué par les classards diminue de façon irréversible chaque fois que la fête du fouaï n’aurait pas lieu pour aller, au pire, à la disparition complète de la servitude.
Même aux heures les plus sombres de notre histoire, les chanteugeois d’âge mûr ont mis un point d’honneur à remplacer les conscrits et le fou pour conserver cette antique tradition.
Article rédigé par Jacky Vissac
|